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Comprendre pourquoi: les maux de la dépression



comprendre les maux de la dépression

Dans cet article, je décompose étape par étape un certain nombre de manifestations physiques et mentales caractéristiques de la dépression. En abordant point par point tout ce qui peut être douloureux pour le malade, on comprend mieux les réactions et les impacts de la maladie sur l’homme, la femme, le mari ou l’épouse, le parent, l’ami-e ou le travailleur qu’est (ou qu’essaie d’être) la personne en dépression.

Je vous donnerai aussi quelques pistes pour essayer de dépasser ces douleurs, ces difficultés que vous ressentez peut-être si vous êtes malade. Ce ne sont que quelques conseils mais selon la formule « on ne gravit pas l’Everest en un jour », chaque petit pas, fait avancer et les routines créent un cadre propice à la guérison.

Cet article s’adresse à vous si vous avez eu un diagnostic de dépression mais il s’adresse aussi à vous si vous ne vous sentez pas bien sans savoir vraiment ce qui vous arrive (peut-être n’avez-vous pas encore osé consulter un médecin). Enfin, il s’adresse aussi à vous si un de vos proches est malade. C’est difficile aussi d’être un aidant, d’être l’enfant, l’ami ou le conjoint d’une personne en dépression.

J’espère qu’à vous tous, ce modeste article (largement inspiré du livre des Pr R. Schwan et Pr P. Courtet, Savoir pour guérir La dépression, ed. Ellipse, 2019) apportera quelques pistes de compréhension.

 

Tout est gris

 

C’est comme si toutes les émotions positives et négatives étaient anesthésiées.

Si certains malades ne perçoivent que les émotions négatives, d’autres voient tout en gris : ils n’arrivent plus à voir aucune nuance. Rien n’a plus d’importance, la personne n’a plus de rêves, n’est plus sensible aux reproches des supérieurs au travail ou par ce qui touche les personnes aimées.

Cette absence de ressenti émotionnel entraine repli sur soi et isolement souvent associé à de la culpabilité.

Or la solitude est une conséquence mais aussi une cause de dépression, alors même si vous ne ressentez pas grand-chose, même si vous ne ressentez plus rien, je vous conseille d’essayer de continuer à voir vos amis ou votre famille. Ne vous demandez pas si c’est chouette ou pénible d’être avec eux, dites-vous juste « j’y suis et je peux en être fier-e ».

 

Tout me fait souci

 

Tout est source d’angoisse sans possibilité de réassurance.

Pris entre sentiments négatifs et absence de sensations, il n’est pas facile de voir l’avenir sous un jour meilleur. La personne dépressive aura tendance à projeter des angoisses : toute la vie quotidienne est source de stress, d’obsessions ou de ruminations incessantes qui rendent les journées difficiles et peut-être gâchent les nuits.

Si c’est votre cas :

_ Ne pas chercher à se raisonner (ou à raisonner la personne dépressive) avec des arguments. Rassurer un anxieux ne fait qu’augmenter son angoisse.

_ Les tranquillisants (alcool, drogue, médicaments) ne sont pas une solution saine et/ou durable.

En revanche, certaines techniques naturelles peuvent aider.

_ La méditation aide à prendre du recul face aux pensées anxieuses envahissantes. (C’est prouvé par des chercheurs de différents laboratoires)

_ Décider le soir de ce que l’on peut faire (de facile) au réveil permet de commencer la journée avant d’être pris par le tourbillon des pensées négatives et des peurs.

 

Je me dis que je suis inutile

 

J’entre dans une spirale qui m’amène à confirmer ce que je crains.

La dépression fausse mon jugement : tout ce que je vis passe par le miroir déformant de ma pensée.

Je me sens mal, fatigué-e, inutile et effectivement mes ami(e)s me reprochent de me laisser aller, mon conjoint se plaint du fait que je ne m’intéresse plus à lui/elle et au travail je suis trop lent-e donc plus stressé-e donc moins efficace…

Mon comportement finit par confirmer ce que je crains : je me sens inutile.

Le trouble du jugement me met dans l’incapacité à prendre du recul par rapport à la situation et de trouver des solutions positives.

En effet, en période de dépression, on ne peut pas vraiment continuer à vivre comme avant, il va peut-être falloir repenser son travail, ses sorties entre amis ou sa relation de couple et cela ne peut pas se faire seul (puisque justement notre jugement est altéré) mais une aide extérieure peut vous être utile.

 

Je n’arrive plus à réfléchir.

 

De nombreuses modifications ont lieu au niveau cérébral en cas de dépression. A la fois cause et conséquence de la maladie, je me retrouve à ne plus pouvoir me concentrer, à souffrir de troubles de la mémoire ou d’un ralentissement de la pensée. Ces troubles sont handicapants et peuvent en plus vous inquiéter.

Que faire dans de telles situations ?

Une des premières réponses est de ne pas chercher absolument à vivre comme avant ou à l’inverse renoncer à tout, il est plus souhaitable de chercher à donner un nouvel équilibre à sa vie en tenant compte de ses difficultés.

Ensuite, il est important de savoir que la situation est réversible. Des études de plus en plus nombreuses montrent la plasticité cérébrale : le cerveau peut se modifier sous l’effet du stress mais une personne qui a eu un AVC peut aussi retrouver toutes ses fonctions motrices. Une personne en dépression peut aussi retrouver la santé. Ne l’oubliez pas !

 

Je suis sans énergie.

 

S’entendre dire « Bouge-toi » est culpabilisant et ne sert à rien.

Le malade dépressif ne fait pas exprès de tout faire au ralenti, de se sentir fatigué et de voir la moindre tâche comme l’Himalaya à gravir. Dans ces conditions la personne peut vite se retrouver à ne plus rien faire du tout.

Alors encore une fois, la solution la mieux adaptée est de chercher l’équilibre compte tenu de votre état : faire chaque jour au mieux selon l’état du moment parce que faire de son mieux est différent chaque jour mais cette démarche (qui ne peut peut-être pas être faite seul-e) de se demander que puis-je faire aujourd’hui est la meilleure des thérapies.

Si à la place de « bouge-toi ! », vous savez ce que vous aimeriez entendre, dites-le à vos proches. Cela aidera tout le monde.

 

Je ne peux pas rester en place

 

Personne ne peut croire que vous êtes dépressif puisque vous ne tenez pas en place.

Cela arrive pourtant aussi. Certaines personnes peuvent être victimes d’une extrême agitation qui est la conséquence de son anxiété.

Il vous est alors impossible de vous détendre, de trouver la paix pourtant c’est bien sur votre stress qu’il va falloir travailler.

Je ne vous dirai pas de vous assoir en tailleur et de respirer pendant un temps interminable, l’exercice serait trop difficile et vous mettrait en situation d’échec. Toutefois vous pouvez abaisser votre niveau de stress tout en marchant, courant ou nageant par exemple ou grâce à une pratique artistique. Il y a forcément une approche qui est bonne pour vous, il reste à la trouver. Dites oui ! Essayez !

 

Je n’arrive pas à dormir

 

Par manque de sommeil, le corps peut sembler être une bombe à retardement et on ne sait pas par quel phénomène on va s’écrouler.

En effet, le sommeil est une fonction vitale. Les tortionnaires en font un outil de torture et c’est pas pour rien ! Quand on dort mal, plus rien ne va, on est ralenti dans ses activités, irritable, impatient, on peut avoir des maux de têtes ou des vertiges, ou encore faire des crises d’angoisses.

Le trouble du sommeil est donc à prendre très au sérieux et demande une approche complexe qui peut reposer sur l’activité physique, l’alimentation, la phytothérapie et bien sûr la gestion des pensées envahissantes qui sont très souvent la cause des premières nuits sans sommeil.

 

Je n’ai plus goût à rien

 

Dans la vie, on vit tous des moments agréables et d’autres plus pénibles. C’est normal.

Mais quand survient la dépression, les activités qui nous faisaient habituellement plaisir, ne nous apportent plus aucune satisfaction. Certains arrêtent de les pratiquer, d’autres continuent sans goût ce qui est perturbant.

Les tâches qui étaient déjà perçues comme désagréables le deviennent encore plus.

Ainsi, le malade dépressif va cesser toute activité, ne va plus développer de projets puisque tout est fade à ses yeux. A cela peut aussi s’ajouter de la culpabilité.

C’est pour ça qu’il est important de reconnaitre (et accepter) les premiers signes de ce que l’on appelle l’anhédonie, qui est un des principaux symptômes de la dépression. Aux premiers signes d’alerte, il est encore assez facile de réagir. La méditation de pleine conscience que je propose dans mon programme peut vous aider à cette prise de conscience.

 

Je crois que c’est de ma faute

 

Vous croyez que c’est de votre faute parce que la maladie vous fait développer un sentiment de culpabilité, parce que vos pensées sont teintées de pessimisme.

Le prisme négatif qui transforme votre perception du monde vous mène à vous juger négativement, vous conduisant à ne porter sur vous-même que des jugements d’auto-dévalorisation et d’auto-accusation.

A cause de la maladie, vous ne pouvez pas vous comporter comme vous le voudriez (avec vos enfants, vos proches, professionnellement) et, en plus, la maladie modifie votre perception de la réalité si bien que vous n’êtes plus capable de prendre du recul et vous croyez que tout est de votre faute.

A ce moment là de la dépression, il vous sera difficile (voire impossible) d’aller chercher de l’aide. Ce sont vos proches qui pourront vous aider. Mais dès que vous irez un peu mieux, c’est là que vous pourrez agir pour ne plus rechuter et ne plus revivre de moments aussi pénibles pour vous et pour vos proches.

 

J’espère avoir pu apporter quelques éléments de compréhension et je vous souhaite de pouvoir mettre en pratique quelques une des suggestions proposées.

 

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